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Art of Murder 1 FBI Confidential
Développeur City Interactive
Éditeur CDV
Distributeur CDV
Date 20 août 2008
Genre Enquêtes
Vue 3e personne 2.5 D
Série Art of Murder
Compatibilité Windows 98 / Me / Windows 2000 / Windows XP / Vista / Windows 7 / Windows 8
Plateforme(s) PC
Gameplay Point & Click
Test par Guidoflap
New York, de nos jours. Nicole Bonnet, jeune recrue du FBI, enquête sur une série de meurtres particulièrement sanglants. Un serial killer hanterait-il les rues de la "Grosse Pomme" ? Rapidement, ses recherches la mènent vers une piste "précolombienne". Malgré son côté un peu téléphoné, le thème aurait pu donner lieu à un bon petit jeu d’aventure. Malheureusement, Art of Murder. FBI Confidential ne surprend pas. Même si l’on ne devine pas d’emblée quel en sera le dénouement, on se détache assez rapidement d’un scénario plutôt sombre mais sans réels rebondissements. New York, tueur en série, FBI, police scientifique, et tutti quanti : autant d’ingrédients accrocheurs mais qui, ici, peinent à accoucher de quoi que ce soit. Par ailleurs, tout cela fait un peu trop penser à Still Life.

Les personnages, quant à eux, n’apportent pas beaucoup de peps à l’aventure. Qu’il s’agisse de l’héroïne (une Nicole Bonnet qui – oh ! comme c’est étrange ! – ressemble singulièrement à Victoria MacPherson, l’héroïne de Still Life), ou des personnages secondaires, ils ont tous, pour ce qui est du charisme, du mal à atteindre le minimum syndical. Et l’on ne comptera pas davantage sur la variété des lieux visités pour rendre le jeu plus attrayant. Il y a bien une escapade au Pérou, mais celle-ci ne vient qu’insuffler un peu d’oxygène à une succession de va-et-vient entre le bureau du FBI de New York et le Musée d’Art précolombien de cette même ville (1) ! Lassant...

Cette monotonie ambiante n’est guère compensée par les énigmes. Il s’agit essentiellement d’énigmes d’inventaire (exploration des décors, récupération et utilisation d’objets) plutôt simples. Quelques passages au labo du FBI seront nécessaires afin d’analyser quelques prélèvements (bien entendu, toute coïncidence avec une série TV à succès dans laquelle il est surtout question de police scientifique est sans doute purement fortuite)… Quant aux très rares puzzles logiques, ils ne viennent guère compliquer l’affaire. Bref, le niveau de difficulté est globalement peu élevé, d’autant que le joueur est passablement cornaqué. Ainsi, il lui est impossible de quitter un lieu sans y avoir trouvé ce qu’il doit y trouver (ce qui, à la limite, n’est pas forcément un mal, les allées et venues étant déjà bien assez nombreuses). En outre un système de snoop key permet de repérer immédiatement les zones interactives (2). La durée de vie du jeu s’en ressentira bien évidemment. Signalons enfin quelques énigmes d’une banalité affligeante : alimenter le bac d’une imprimante, retirer de l’argent à un distributeur, etc. On se dit que cela cache quelque chose, un trait d’humour (même noir), par exemple. Mais non… il ne s’agit réellement que de trouver une rame de papier et d’user de sa carte bancaire ! C’est pousser un peu loin le souci du réalisme… Plus probablement, c’est surtout le moyen de faire durer un jeu d’aventure en manque de souffle.

Pour ce qui est de la bande son, le constat est en mi-teinte. Souvent, dans les jeux vidéo, la balance se fait en faveur d’une musique quelque peu envahissante mais là, c’est plutôt le contraire. Ici, en effet, l’accompagnement musical accompagne assez bien les phases de jeu mais a tendance à se faire trop discret. Quant au doublage français, il est correct mais ne brille pas.

En revanche, il faut noter que, du côté des graphismes, Art of Murder. FBI Confidential s’en tire plutôt bien. Laissons de côté les cinématiques (peu soignées mais heureusement peu nombreuses) pour constater que, sans atteindre des sommets, les décors sont dans l’ensemble pas mal réussis. Malgré quelques manques de finesse, le jeu reste très plaisant à voir. En particulier le passage du Pérou qui est, sur ce point, le plus convaincant. Dommage – encore une fois ! – que l’on visite trop souvent les mêmes décors.

Terminons par le gameplay et l’ergonomie du jeu. Voilà un classique "point & click" en vue à la 3e personne et dont la prise en main ne comporte aucune difficulté. Ainsi, l’inventaire, placé au bas de l’écran, est directement accessible et facilement manipulable à l’aide des boutons gauche et droit de la souris. Notons néanmoins une gestion des sauvegardes pénible : pas de touche de sauvegarde (ni de chargement) rapide, pas de classement chronologique des sauvegardes, ni même d’indications de date et d’heure sur ces dernières. Autrement dit, il est parfois difficile de repérer la dernière sauvegarde en date, surtout si l’on reprend le jeu après quelque temps… Et, puisqu’on en parle, signalons des temps de sauvegarde et de chargement inhabituellement longs pour un jeu d’aventure.

Pas foncièrement désagréable à jouer, Art of Murder. FBI Confidential déçoit malgré tout. Son faible niveau de difficulté n’est pas véritablement en cause (après tout, il n’a jamais été dit qu’un jeu d’aventure se devait d’être difficile). On ne lui reprochera pas non plus d’être moche car les graphismes sont plutôt réussis. En fait, le jeu souffre surtout d’un scénario qui tient en peu de lignes, sans envergure et sans surprise. On espérait un bon jeu d’aventure qui nous maintienne en haleine une douzaine d’heures et nous voilà avec une sorte d’épisode TV pas terrible. Art of Murder a sans doute trop louché en direction de certains jeux vidéo et de certaines séries TV. Au final, le marketing l’a emporté sur l’originalité. A décharge, il est vrai que Art of Murder. FBI Confidential a eu la mauvaise idée de paraître en 2008, un millésime plutôt bon en matière de jeux d’aventure (3). Un deuxième opus est annoncé et l’on ne peut que souhaiter que la série se dote d’une réelle identité.

Notes :

1. New York – qui ne manque pas de musées ! – ne possède pas, sauf erreur de ma part, de Musée d’Art précolombien. En revanche, on y trouve sans problème des collections précolombiennes, par exemple au Metropolitan Museum of Art.

2. En anglais, "to snoop" évoque le fait de fureter et "key" désigne une touche du clavier. Dans un jeu d’aventure, il s’agit d’une touche sur laquelle il suffit de presser (ou bien d’une icône accessible à la souris) pour faire apparaître les zones avec lesquelles il est possible d’interagir. Ce système d’aide a notamment été popularisé par Secret Files : Tunguska.

3. Face à des jeux d’aventure comme Overclocked, Dracula 3, Perry Rhodan, etc., il n’y a pas photo...

Ce test de Guidoflap provient du Sanctuaire de l'Aventure, qui a fermé ses portes en septembre 2009