Warning: Use of undefined constant nb_avis - assumed 'nb_avis' (this will throw an Error in a future version of PHP) in /home/clients/ef0eae7991bc1ccacffe2903a3bef705/web/jeux.php on line 221

Warning: Use of undefined constant test_auteur - assumed 'test_auteur' (this will throw an Error in a future version of PHP) in /home/clients/ef0eae7991bc1ccacffe2903a3bef705/web/jeux.php on line 750
Test de Memento Mori - Planète Aventure
Plan�te Aventure
Planete Aventure sur Facebook Planete Aventure sur Twitter Planete Aventure sur Steam
Memento Mori Le Secret de la Vie Eternelle
Développeur Centauri Production
Éditeur DTP
Distributeur Eidos
Date 26 mar 2009
Genre Mystère
Vue 3e personne 3D
Série Memento Mori
Compatibilité Windows XP / Vista
Plateforme(s) PC
Gameplay Point & Click
Test par Makidoo
Memento mori… ("Souviens-toi que tu vas mourir" !)… Avec un titre pareil, on se doute qu’on ne va pas se poiler à tout bout de champ. De fait, Memento mori. Le secret de la vie éternelle nous propose d’aller fourrer notre nez dans les œuvres d’art de la fin du Moyen Âge et des xvie-xviie siècles. Et en particulier dans celles fleurant bon le macabre. Rien de très gai, a priori. Rappelons cependant que, dans l’art occidental de cette époque, la mort était un thème fréquent (la question du salut de l’âme y était tout sauf anecdotique, comme le prouvent les nombreuses "danses macabres" et autres "vanités" qui y ont fait florès1). Et, aujourd’hui encore, la mort, toujours inévitable, n’a rien perdu de son aspect terrifiant. À moins, bien sûr, de découvrir le secret… de la vie éternelle. C’est précisément ce dont il est question dans Memento mori. Nous voilà donc plongés dans une sombre histoire où se mêlent trafiquants d’art de tout poil, services secrets russes ainsi qu’adeptes d’une obscure secte dont l’ambition n’a d’égale que l’opacité. On y ajoutera un zeste de mythologie puisque (semblerait-il) la fameuse boîte de Pandore2 ne serait pas totalement étrangère au mystère de la vie éternelle !

Le thème de l’art – et celui des faussaires – n’est pas une nouveauté dans le petit monde des jeux d’aventure. Certains titres comme Post Mortem ou, plus récemment, Sherlock Holmes contre Arsène Lupin ont pu l’aborder – ou, plus exactement, l’effleurer. Avec Memento mori, on espérait donc y être plongé jusqu’au cou. En effet, on y incarne (alternativement) un trafiquant d’art repenti (Max) et une policière d’Interpol spécialisée dans les enquêtes sur ce genre de trafic (Larissa). Malheureusement, sur ce point, Memento mori rate le coche. Car, alors que l’on espérait une enquête nous précipitant dans les milieux interlopes du trafic d’art, le jeu se contente de nous servir une de ces histoires de complot occulte dont on a appris à se méfier depuis le lourd et pénible Da Vinci Code de Dan Brown3. On aura beau se laisser aiguillonner par une intrigue relativement plaisante nous emmenant en France, en Russie, au Portugal et en Finlande, il n’empêche que l’on aurait aimé un scénario un peu mieux tricoté (grosso modo, un peu moins de sociétés secrètes… et un peu plus d’investigations !). Ce qui, par la même occasion, aurait pu donner un jeu d’aventure nous tenant davantage en haleine.

Car Memento mori ne se distingue pas par une durée de vie exceptionnelle. On viendra à bout, sans trop de mal, des énigmes d’inventaire qui composent l’enquête. Et il ne faudra pas compter sur les huit fins différentes qui nous sont promises pour prolonger la durée de vie du jeu. Ces fins sont en fait déterminées par les choix opérés lors de certains dialogues répartis tout au long du jeu. Selon les réponses, l’histoire se termine plus ou moins bien (ou mal) pour les deux protagonistes (Max et Larissa), mais ce n’est que lors de la cinématique de fin que l’on est mis au parfum. Pour que les choses soient claires, les réponses apportées lors de ces dialogues ne se traduisent pas le moins du monde par des cheminements différents car, quels que soient ses choix, le joueur visitera toujours les mêmes lieux et sera confronté aux mêmes énigmes. Le tout est simplement "capitalisé" (un peu à la manière d’un QCM) pour générer une "fin" en queue de poisson que l’on découvre lors des ultimes moments du jeu. Du coup, même en terminant une première fois le jeu sur la pire des fins, le joueur n’aura pas forcément envie de rempiler dans la foulée pour le simple plaisir de s’offrir une issue plus heureuse. Ceci étant, reconnaissons une chose : les développeurs ont fait le choix de ne pas meubler leur jeu à grand renfort de puzzles logiques. On leur en saura gré.

Points forts du jeu : de forts bons graphismes et un gameplay intuitif. Entièrement réalisé en 3D, Memento Mori se révèle être très similaire à un point & click en 2.5D et n’occasionnera aucun problème de prise en main. Les décors sont joliment travaillés et l’on note un gros travail sur les éclairages. Un peu trop parfois, car le joueur sera à l’occasion amené à évoluer dans une pénombre qui confine à l’obscurité (s’agit-il de nous faire goûter au clair-obscur ?). Quant aux personnages, ils sont correctement modélisés, même si l’on constate (cela devient une habitude !) des animations trop rigides. On regrettera cependant que, dans un jeu où il est question de peinture, cette dernière occupe une si faible place dans les décors et/ou les énigmes. Ainsi, si le musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg fait partie des étapes de l’aventure, eh bien on n’y admire pas grand-chose… ce qui est un peu dommage pour l’un des plus riches musées de la planète…

Il n’y a pas grand-chose à redire sur les doublages qui collent bien aux personnages. On regrettera en revanche des bruitages d’ambiance réduits au minimum syndical. Il aurait pourtant suffi d’un petit coup de vent, d’une voiture qui passe, d’un oiseau qui chante, etc., pour rendre Memento mori un tantinet plus vivant et immersif. D’autant qu’on ne comptera pas sur les musiques d’accompagnement pour palier au problème. Trop "synthétiques" et trop répétitives, elles fatiguent l’oreille bien plus qu’elles ne la flattent. On s’en passera sans le moindre scrupule.

Bénéficiant de graphismes réussis, d’un gameplay intuitif et de bons doublages, Memento mori. Le secret de la vie éternelle ne manque pas d’atouts. Le système d’énigmes, reposant sur l’inventaire, ne comporte pas de difficulté majeure et satisfera les joueurs peu désireux de se frotter à de vicieux casse-tête (quitte à frustrer les adeptes d’énigmes corsées). Mais ces qualités ne suffisent pas à masquer le fait que le jeu souffre d’un scénario dans lequel l’originalité n’est pas toujours au rendez-vous. Plutôt agréable à jouer, Memento mori, ne marquera pas pour autant les mémoires.

Ce test de Makidoo, Padichah et Guidoflap provient du Sanctuaire de l'Aventure, qui a fermé ses portes en septembre 2009

Notes

1. À partir du xive siècle, l’Europe entre dans une période difficile. 1/ Baisse sensible des températures moyennes (ce que les historiens appellent le "Petit Âge glaciaire") avec ce que cela suppose de mauvaises récoltes. 2/ Réapparition de la peste. 3/ Recrudescence de l’activité guerrière. On pense à la guerre de Cent Ans (en réalité une ribambelle de conflits entrecoupés de paix plus ou moins durables, opposant les couronnes de France et d’Angleterre entre 1337 et 1453) ainsi qu’aux guerres d’Italie et aux guerres de religion. Ces dernières vont plonger la "France" dans une guerre civile. Sans parler de la guerre de Trente Ans (1618-1648). Bref, la mort va inspirer de nombreux artistes. Ainsi, dans l’art pictural, les "vanités" viennent rappeler aux hommes leur condition de mortels, (parmi de nombreuses œuvres, citons l’exceptionnel tableau d’Holbein : Les Ambassadeurs). On notera par ailleurs le succès rencontré à l’époque par les livres traitant de l’ars moriendi (littéralement : "l’art de bien mourir"). Les curieux se reporteront aux. livres des historiens Ph. Ariès (L’Homme devant la mort, Seuil, 1977), M. Vovelle (La Mort et l’Occident de 1300 à nos jours, Gallimard, 1983) et J. Delumeau (La peur en Occident, Fayard, 1978).

2. C’est le poète Hésiode qui, dans Les travaux et les Jours, raconte ce qu’il advint de Pandore et de sa fameuse "boîte" qui contenait les maux de l’humanité (maladie, guerre, famine, etc.). Au passage, rappelons qu’il ne s’agissait pas d’une boîte… mais d’une jarre ! (Parmi les victimes de traductions approximatives, on compte également les mythiques Danaïdes et leur tonneau percé, ainsi que le philosophe Diogène de Sinope (Ve-IVe s. av. J.-C.) censé avoir élu domicile dans un… tonneau. Problème : les Grecs ne connaissaient pas le tonneau mais utilisaient abondamment des récipients en terre cuite. Les Danaïdes ont donc été condamnées à remplir une jarre ou un vase ; quant à ce brave Diogène, c’est un pithos – une sorte de grosse jarre – qui lui a servi de demeure.)

3. On ne compte plus les romans qui, depuis quelques années, ont surfé sur la vague Dan Brown/Da Vinci Code. Que le jeu d’aventure s’y soit mis n’est pas pour surprendre (cf. par exemple La Malédiction de Judas). Mais je ne suis pas persuadé que le jeu d’aventure ait grand-chose à gagner à trop se prêter à ce genre de recyclage. On me rétorquera que deux célèbres jeux d’aventure au moins ont puisé aux mêmes sources que le Da Vinci Code : Les Chevaliers de Baphomet I et Gabriel Knight 3. Oui, sauf que ces deux jeux ont été réalisés bien avant le roman de Dan Brown et, à mon humble avis, avec plus de brio.