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Test de Sherlock Holmes : La Nuit des Sacrifiés - Planète Aventure
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Sherlock Holmes : La Nuit des Sacrifiés Sherlock Holmes 3
Développeur Frogwares
Éditeur Focus
Distributeur Focus
Date 24 nov 2006
Genre Horreur / Enquêtes
Vue 1ère personne 3D
Série Sherlock Holmes
Compatibilité Windows XP
Plateforme(s) PC
Gameplay Point & Click / Clavier / Souris / QTE
PC
16.2
excellent
Test par Guidoflap
Commençons par souhaiter un très bon anniversaire à Sherlock Holmes qui, il y a cent vingt ans, voyait le jour sous la plume d’Arthur Conan Doyle (1859-1930). Je parle bien sûr de sa naissance littéraire puisque c’est en 1887 que parut Une Étude en Rouge, la toute première enquête du célèbre locataire de Baker Street. Et il faut bien reconnaître que ce bon Sherlock se porte plutôt bien pour son âge. Songez donc ! Quelque 260 adaptations cinématographiques, 76 acteurs ayant incarné le célèbre détective et même… 15 jeux vidéo, La Nuit des Sacrifiés étant le dernier en date (le tout premier était sorti en 1984 et il s’agissait d’un jeu d’aventure textuel intitulé tout simplement Sherlock)1. Le détective de Baker Street reste donc une valeur sûre… Rien de surprenant donc à ce que Frogwares s’y intéresse une troisième fois. Après Le Secret de la Momie (2003) qui n’avait pas vraiment enthousiasmé la critique et La Boucle d’Argent (2004) qui, lui, s’était montré bien meilleur, le studio a donc jugé bon de poursuivre sur sa lancée avec ce Sherlock Holmes : La Nuit des Sacrifiés.

Inutile de potasser l’intégrale des enquêtes de Sherlock Holmes pour venir à bout du jeu car, à l’instar de ses prédécesseurs, La Nuit des Sacrifiés ne repose sur aucun des récits écrits par Conan Doyle et lance Sherlock Holmes dans une enquête inédite. Ce dernier s’ennuie ferme au 221b Baker Street et, ce matin, le bon Dr Watson n’apporte aucune nouvelle apte à briser la morosité du détective. C’est pourtant lui qui va être indirectement à l’origine de cette nouvelle aventure… Rendant visite à l’un de ses patients tourneboulé par l’étrange disparition de l’un de ses domestiques, Watson attire l’attention de son illustre ami sur l’affaire. Il se peut que le joueur n’accroche pas d’emblée, car, durant la première demi-heure, l’histoire tarde à prendre forme. Mais, une fois ce cap dépassé, l’enquête devient plutôt prenante. Voilà donc Sherlock Holmes et John Watson lancés dans une aventure bien sombre, voire même horrifique (hémoglobine et corps démembrés sont au rendez-vous), sur les traces d’une secte désireuse de faire ressurgir une divinité archaïque et terrifiante tapie dans les profondeurs. Ceux qui connaissent Lovecraft (1890-1937) et son mythe de Cthulhu ne s’y tromperont guère, tant le clin d’œil est évident (surtout que la représentation de ladite divinité est assez éloquente). L’histoire se situe donc au confluent du fantastique (l’univers de Lovecraft) et du rationalisme (l’univers de Sherlock Holmes). Bigre ! Ce jeu d’aventure blasphèmerait-t-il à l’encontre de Holmes et de son légendaire esprit cartésien ? Pas sûr… Après tout, la plus célèbre des enquêtes de Sherlock Holmes (Le Chien des Baskerville) ne doit-elle pas une partie au moins de son succès à un jeu subtil entre une hypothèse fantastique et une hypothèse rationnelle… (D’ailleurs, Conan Doyle n’a pas dédaigné le fantastique dans d’autres récits moins connus2.) Ajoutons, pour clore ce chapitre, que l’on aura l’occasion de voyager hors des frontières britanniques, chose assez rare dans les aventures de Sherlock Holmes. Pour les besoins de l’enquête, on passe donc par la Suisse (pas pour profiter des montagnes helvètes mais pour explorer un sinistre asile d’aliénés) et par la Louisiane et ses bayous.

Le joueur incarne Sherlock Holmes, à l’exception de passages aussi brefs qu’occasionnels, où il se retrouve dans la peau de Watson. Dans les deux cas, le gameplay est identique et se présente comme est une sorte d’hybride empruntant à la fois au classique "point & click" et au FPS (le jeu est à la première personne). En effet, si les déplacements s’effectuent au clavier (comme dans un FPS), les interactions se font via la souris (comme dans un point & click). Aucune inquiétude à avoir cependant : le tout est plutôt bien conçu et les manœuvres aisées. Le seul coup à prendre est la manipulation de l’inventaire, accessible à l’aide de la molette de la souris ou par un clic droit (nécessaire lorsque l’on souhaite combiner deux objets). À tout moment, le joueur peut consulter un carnet lui permettant de se rappeler les conversations, les indices, etc. Fort utile lorsqu’il s’agit de faire le point et de s’orienter dans l’enquête. Notons aussi que les déplacements sont rendus moins fastidieux, déjà par le fait qu’il est possible de courir mais également en utilisant la carte du lieu, qui permet de se rendre directement aux endroits-clefs dès que ceux-ci ont été découverts. Un petit bug néanmoins : il m’a été impossible de régler une bonne fois pour toutes la sensibilité de la souris et de celle la caméra, ces dernières reprenant les paramètres par défaut à chaque lancement du jeu.

Dans l’ensemble, les énigmes sont relativement faciles à résoudre. Celles reposant sur l’utilisation d’objets ne posent pas de problèmes insurmontables pour peu que l’on ait observé un minimum les décors et, bien que ceux-ci soient assez vastes, il n’est pas nécessaire d’explorer le moindre recoin car les items à récupérer se trouvent toujours dans des endroits repérables. La facilité est aussi de mise lorsqu’il s’agit de jouer au petit chimiste afin de mettre en lumière quelques indices. Je ne suis pas du tout persuadé que ces passages convaincront ceux qui possèdent une formation en chimie mais ils ne bloqueront pas le joueur outre mesure – pour tout dire, ils peuvent aisément se résoudre "à l’aveugle" (quelques clics au pifomètre et le le tour est joué). En revanche, on se heurte régulièrement à des énigmes de logique dont le niveau de difficulté oscille entre deux extrêmes. Si certaines sont assez aisées (par exemple le crochetage de serrures), d’autres pourront en revanche apparaître comme franchement difficiles. L’une d’elles (à base de chiffres), est d’ailleurs particulièrement ardue, plus apte à inciter le joueur à recourir à une soluce qu’à ses méninges. Enfin, le système des quizz de La Boucle d’Argent a été abandonné pour être remplacé par une sorte d’ersatz qui ne m’a pas convaincu : une unique question à laquelle le joueur doit de temps à autre répondre en tapant au clavier un mot-clef. Le problème est que, même si l’on a compris ce qu’il faut répondre, on ne sait pas forcément comment formuler ladite réponse. Enfin, j’ai noté une ou deux incohérences sans conséquences. Ainsi, Holmes refuse un moment de bouger un mât sous prétexte qu’il pèse autant que deux éléphants… ce qui ne l’empêche pas, un tout petit peu plus tard, de demander à Watson de le faire !

Jetons maintenant un œil sur les graphismes. Alors que La Boucle d’Argent affichait des personnages en 3D sur des décors en 2D, ce nouvel opus se voit contaminé par le virus de la 3D-temps réel et en profite pour adopter une vue à la première personne. Disons-le clairement : ce n’est pas hideux mais on est très loin d’être ébloui. Le choix de la 3D était sans doute destiné à rendre le jeu plus immersif mais le résultat ne convainc guère car les décors sont avares de détails (tous ces petits détails qui contribuent au charme d’un jeu d’aventure). Ainsi, le quartier de Baker Street fait quelque peu figure de repaire pour neurasthéniques : dépeuplé, un peu trop géométrique, des textures ternes et, au final, une ambiance inexistante. Cela malgré les efforts d’une fleuriste à un coin de rue, d’un vendeur de journaux et d’un cab passant au loin, qui tentent, tant bien que mal, d’apporter un semblant de vie. (On a du mal à croire que l’on se trouve dans une métropole qui, à l’ère victorienne, était au centre de l’économie mondiale et se distinguait par son effervescence ! Londres aurait-il été décimé par une épidémie de peste ?!) Par la suite, cela s’améliore quelque peu (les quais de la Nouvelle-Orléans par exemple), surtout en raison d’un éclairage mieux employé, contribuant à estomper les imperfections. Quant aux personnages, ils semblent modélisés à la tronçonneuse, exception faite des visages, un peu mieux soignés. Bref, si les graphismes finissent par sortir de l’ornière, c’est un peu à coups de forceps et, de toute évidence, La Nuit des Sacrifiés ne sera certainement pas LE jeu qui convertira à la full 3D les adeptes de l’aventure 2D.

Terminons par la bande son. Les doublages sont corrects même si l’on peut leur reprocher un manque de relief. Celui de Holmes (dû au comédien Benoît Allemane qui est aussi la doublure française de l’acteur Morgan Freeman) colle assez bien au personnage. Quant aux musiques, elles sont presque inexistantes, ce qui fait que, tout au long de l’enquête, l’accompagnement sonore repose presque exclusivement sur les bruits d’ambiance, ces derniers étant au demeurant assez réussis.

Sherlock Holmes : La Nuit des Sacrifiés comporte certes quelques imperfections. Ainsi, les graphismes 3D ne sont pas franchement convaincants et les énigmes se distinguent par un certain déséquilibre (souvent faciles mais, à l’occasion, difficiles voire davantage). Ceci étant, et une fois la première demi-heure de jeu passée, on se laisse entraîner avec plaisir dans cette nouvelle enquête vidéoludique de l’éternel détective de Baker Street. Bref, un bon jeu d’aventure.


Notes :

1. Source : le site Internet de la Société Sherlock Holmes de France

2. Voir A. Conan Doyle, Les exploits du Pr Challenger et autres aventures étranges, Robert Laffont, coll. "Bouquins".