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Nancy Drew 11 La Malédiction du Manoir de Blackmoor
Développeur Her Interactive
Éditeur Micro Application
Distributeur Micro Application
Date 2 nov 2005
Genre Mystère / Enquêtes
Vue 1ère personne 3D iso
Série Nancy Drew
Compatibilité Windows 98 / Me / Windows 2000 / Windows XP / Vista / Windows 7 / Windows 8
Plateforme(s) PC
Gameplay Point & Click
Test par Makidoo
Best-seller du jeu vidéo aux USA depuis 1998, Nancy Drew est librement inspiré des romans de Carolyn Keene. La série n’est pas inconnue en France puisqu’elle a été publiée dans la collection de la Bibliothèque Verte, sous le titre d’ "Alice, détective" (le nom de l’écrivain avait d’ailleurs été francisé en Caroline Quine). Nancy Drew est donc une jeune américaine de 18 ans qui a la passion des enquêtes (on pourrait lui trouver un pendant masculin chez le jeune "Michel", écrit par Georges Braillard, autre adolescent menant des enquêtes, ou encore "Le Club des Cinq" et autres "Six Compagnons"), et cette série de jeux se présente plutôt comme des jeux d’aventure destinés au plus jeunes (pré-ados et adolescent(e)s).

Dans cette aventure, la jeune Nancy Drew franchit l’Atlantique, invitée dans un antique manoir victorien, le manoir de Blackmoor, pour résoudre une énigme mystérieuse. Pourquoi la jeune mariée, Linda Penvellyn, refuse t’elle de laisser quiconque l’apercevoir depuis peu ? S’agit-il d’une malédiction ancestrale ou d’une conspiration bien plus obscure ? C’est ce que vous allez essayer de découvrir en incarnant la détective...

Jeu d’aventure en "point & click" de facture classique, avec une vue subjective à la première personne, "La Malédiction du Manoir de Blackmoor" vous plonge dans l’ambiance d’un vieux manoir dans lequel vous devrez résoudre de nombreux puzzles. La parenté avec "The 7th Guest" ou encore "Blackstone Chronicles" n’est pas loin, mais en beaucoup moins sombre tout de même ! La vue se fait image par image lors des déplacements, à la manière du premier "Myst" ou autres jeux du même type. On peut reprocher un manque de fluidité notable dans ces déplacements, le tout est un peu trop saccadé. Les graphismes sont très (trop ?) sobres, tout est assez dépouillé (tout en demeurant toutefois joli), on sent que les concepteurs misent plus sur le côté ludique que sur le design du jeu ... La page d’accueil et le menu sont franchement très austères ...

Les personnages modélisés en 3D sont peu nombreux (on en rencontre 4 dans le jeu, 5, si l’on compte le perroquet !, mais Nancy a régulièrement des contacts téléphoniques avec d’autre protagonistes), et leurs mouvements plutôt saccadés les apparentent plus au robot qu’à l’être humain, c’est un peu dommage, mais cela ne nuit pas trop à la qualité du jeu. Les dialogues sont assez bien écrits, et le doublage très bien réalisé (si on fait l’impasse sur le "taïaut" un peu ridicule de Nigel Mookerjee, l’écrivain !). Notons qu’un principe de gestion du temps est effectif sur les personnages, ceux-ci vivent leur vie selon une chronologie prédéfinie (un peu comme dans "The last Express", mais en moins sophistiqué tout de même !) et ils ne seront pas forcément disponibles tout au long de la journée (ou de la nuit...).

Vous avez souvent affaire à des choix multiples dans vos réponses, qui peuvent débloquer certains éléments, selon la phrase sélectionnée.

La musique se fait plutôt discrète, même si on aurait aimé un peu plus d’"ambiance" toutefois, et les bruitages corrects.

Le scénario quant à lui est assez simple mais cohérent, et proche des romans cités précédemment (on attend presque un "bon sang, mais c’est le colonel moutarde" à la fin !).

En revanche l’accent a été mis sur plusieurs éléments assez intéressants, comme la lycanthropie, les runes, l’astrologie et autres constellations stellaires. Ces petits plus sont assez bien exploités, et vous devrez faire quelques recherches sur Internet grâce à votre téléphone portable dernier cri sur divers sujets pour avancer dans les énigmes et différents puzzles, ainsi que des recherches dans de nombreux ouvrages (notamment le "Mutus Liber", qui s’avérera être une mine d’informations). Les recherches Internet se limitent en revanche à quelques phrases clé, et tous les éléments nécessaires pour en venir à bout seront à chaque fois réunis. Un système de recherche un peu plus aléatoire aurait pu renforcer la difficulté...Les appels téléphoniques que vous pouvez passer à vos divers contacts pourront eux aussi parfois orienter l’héroïne dans son enquête, mais pas trop quand même ! L’utilisation du "louchebem" (l’argot des bouchers parisiens et lyonnais) chez le restaurateur est une idée surprenante et amusante (on peut penser que celui-ci possède un argot typiquement british dans la v.o.). Nancy est aussi suffisamment bien élevée pour ne pas téléphoner en présence des protagonistes, et doit toujours s’éclipser pour pouvoir passer ses coup de fil !

L’inventaire est accessible facilement grâce à une barre des tâches qui s’affiche en permanence en bas de l’écran (et qui permet aussi l’accès au carnet et au téléphone portable), vous aurez ainsi accès aux différents objets et documents que vous ramasserez, aucune interaction entre les objets n’est en revanche possible.

Les énigmes rencontrées sont toujours très logiques, et on assiste aussi à quelques "mini-jeux" qui permettront à Nancy de progresser dans l’intrigue, notamment avec Jane, la petite fille, qui ne donne des indices qu’à condition que vous acceptiez de jouer avec elle à divers jeux de société (la réalisation du "puzzle" peut rapidement vous faire perdre patience !). Vous aurez aussi quelques épreuves chronométrées, notamment lors de la recherche des 13 fantômes (qui rappellent un peu "Casper"... en rose !), qui ne s’avère pas si évidente que cela, ou encore l’épreuve de "dactylo" ( !) ... Notons un passage assez ardu, dans les souterrains, lorsque vous vous retrouvez dans une salle en mouvement : avant de trouver l’astuce, vous pourrez facilement tourner en bourrique... ! D’autres moments du jeu sont en revanche mal exploités, notamment le passage avec Loulou le perroquet, qui vous oblige à faire d’incessants allers et retours qui peuvent s’avérer rapidement répétitifs et pénibles, et on se demande aussi pourquoi Nancy est obligée de manipuler à chaque fois les gargouilles ou dragons pour descendre dans les sous-terrains, une fois qu’elle en a saisi le fonctionnement...

L’utilisation du réveil dans le gameplay est une très bonne trouvaille, et celui-ci s’avère rapidement indispensable pour la progression dans le jeu (toujours ce principe de gestion du temps).

"La Malédiction du Manoir de Blackmoor" est un jeu cependant inégal, la plupart des énigmes rencontrées sont logiques (elles demandent toutefois un minimum de réflexion), mais certains passages peuvent sembler assez ardus pour un jeune public, alors que d’autres peuvent s’avérer d’une simplicité déconcertante. Ajoutons quand même que le jeu propose 2 niveaux de difficulté - et il est vrai que le niveau débutant est tout de même beaucoup plus simple, puisqu'il oriente le joueur dans sa progression (Nancy possède un carnet dans lequel elle note sa progression et ses remarques, le mode débutant ajoute à cela une page dans laquelle ses différentes taches s’inscrivent et doivent être cochées une fois celles-ci réalisées) - ainsi qu’un mini-tutorial pour les novices.

Quelques cinématiques sont disséminées ça et là tout au long du jeu, elles sont plutôt bien réalisées, et renforcent l’immersion. Un principe de "game-over" est aussi présent, mais le système de "seconde chance" vous permet de recommencer l’opération juste avant votre mort (notons aussi que Nancy peut se faire mettre à la porte "manu militari" du manoir si elle n’observe pas une règle de base – je vous laisse découvrir laquelle !).

La durée de vie en mode "expert" est plutôt bonne, les nombreuses énigmes rencontrées vous feront passer de longues heures devant votre écran.

"Nancy Drew, La Malédiction du Manoir de Blackmoor" s’avère être un jeu d’aventure plutôt agréable, sans prétention, mais qui possède un certain charme, et qui devrait assurément plaire aux plus jeunes. Loin d’être révolutionnaire, et non exempt de défauts (notamment une réalisation dépassée), "La Malédiction du Manoir de Blackmoor", basé essentiellement sur la logique et l’observation, propose cependant une alternative sympathique et rafraîchissante entre 2 jeux d’aventure plus ardus, à envisager comme une petite friandise.

Ce test de Makidoo provient du Sanctuaire de l'Aventure, qui a fermé ses portes en septembre 2009