Plan�te Aventure
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Paradise
Développeur White Birds
Éditeur Micro Application
Distributeur Micro Application
Date 21 avr 2006
Genre Mystère
Vue 3e personne 2.5D
Série Paradise
Compatibilité Windows 98 / Me / Windows 2000 / Windows XP
Plateforme(s) PC
Gameplay Point & Click
Test par Makidoo
Paradise nous plonge au cœur d’un pays d’Afrique imaginaire, déchiré par une guerre civile, dans laquelle des rebelles tentent de renverser le pouvoir tenu d’une main de fer par le vieux roi Rodon…

Utilisant la même recette qui a fait le succès (largement mérité) des deux épisodes de Syberia, de la 2D mélangée à de la 3D, Paradise n’innove pas vraiment graphiquement, mais ce n’est pas ce qu’on lui demande. On retrouve donc de très beaux décors et effets de lumière, même si ceux-ci sont quelque peu inégaux. En effet, je trouve certains décors assez fades et ternes, et un peu en deçà de ceux de Syberia. Le déplacement de personnage reprend le même moteur également.

On se retrouve donc dans la peau d’Ann Smith, amnésique après le crash de son avion, hébergée et soignée dans le harem d’un prince, et celle-ci va bien évidemment vouloir sortir rapidement de ce harem, et j’allais rajouter, nous aussi ! Car l’aventure a franchement du mal à démarrer, on s’ennuie ferme dans ce début d’aventure, l’ambiance est assez plate, les énigmes peu intéressantes, bref, on souhaite vite passer à autre chose… !

Le principal problème de Paradise, c’est le manque d’attachement et d’affection que l’on peut ressentir pour le personnage principal, on est loin de la Kate Walker que l’on voulait suivre coûte que coûte, ici on sait peu de choses sur elle, les personnages secondaires sont peu bavards, et l’héroïne ne fait jamais de commentaires personnels sur ce qu’elle peut ressentir au cours de son aventure (ou même sur les endroits qu’elle visite ou les objets qu’elle peut prendre), ce qui fait que l’on s’implique très peu dans son histoire.

Le scénario (et les énigmes) ne décolle franchement qu’au milieu de l’aventure (j’avoue m’être profondément ennuyé jusqu’à l’arrivée à Zamarat), c’est un peu maigre, car finalement on a tendance à arriver à la fin du jeu rapidement. Les énigmes sont plutôt simples, il suffira d’utiliser le bon objet au bon endroit pour en venir à bout.

On peut reprocher cependant un curseur qui n’est pas des plus ergonomiques (une boule avec des items changeants selon l’action possible), et qui est franchement imprécis : en effet, il faudra être très patient et ne pas être récalcitrant à effectuer la chasse aux pixels dans certains tableaux du jeu, car la forme du curseur change de façon tellement imprécise que l’on peut passer à côté d’un élément important en étant victime de ce défaut…Autre défaut pénible, c’est cette autre imprécision à certains endroits pour diriger l’héroïne, en effet, cliquez à gauche et celle-ci se dirigera à droite, et inversement, ça peut être franchement agaçant au bout d’un moment… !

L’inventaire est assez simple d’utilisation, certaines combinaisons d’objets seront possibles, ainsi que la lecture de documents qui éclaireront progressivement le joueur sur les tenants et aboutissants de l’histoire…

Les cinématiques, c’est là le point fort du jeu, sont somptueuses, elles favorisent une bonne immersion. Les musiques en revanche, même si elles sont réussies, manquent un peu de variété. On retrouve l’inénarrable bestiaire fantastique de Sokal, c’est toujours un vrai plaisir de découvrir les animaux sortis tout droits de son imagination, et on aurait aimé que ceux-ci soient encore plus impliqués dans l’histoire et les énigmes.

Les voix des personnages sont correctes, même si elles manquent d’intonation et d’expression par moments.

Autre bémol, c’est la place qu’occupe le léopard dans l’histoire. On sent qu’il y avait là quelque chose de fort à développer, les rapports entre Ann et son léopard, qui se retrouvent petit à petit après des années de séparation, mais jamais on ne sentira vraiment l’affection qu’ils peuvent avoir l’un pour l’autre. Les 3 passages en 3D où l’on dirige le léopard sont eux aussi mal exploités, on sent qu’il y avait une idée originale, mais celle-ci est mal développée. J’avoue n’avoir réussi à mener à son terme que le 3ème passage, les deux premiers étant un peu obscurs pour moi, je les ai zappés avec la touche "Esc"…

Le final de Paradise laisse place au doute, même s’il était finalement prévisible, mais il vient un peu trop rapidement, il est un peu dommage de terminer l’aventure là où elle commençait vraiment à être passionnante…

Paradise laisse le joueur sur sa faim. Là où l’on pouvait attendre un jeu exceptionnel dirigé par un maître du genre, il ne reste qu’un bon jeu d’aventure, point. C’est déjà pas mal, mais on pouvait s’attendre à un jeu d’une plus grande envergure. Paradise reste tout de même un bon jeu, avec un univers original comme sait si bien les créer Sokal, mais les nombreux défauts et le manque de rythme du scénario pourront en rebuter quelques-uns. Le problème de Sokal, c’est peut-être de nous avoir habitués à l’excellence, alors, lorsque l’on trouve des défauts, on ne peut s’empêcher d’être profondément déçu…

Ce test de Makidoo provient du Sanctuaire de l'Aventure, qui a fermé ses portes en septembre 2009