Warning: Use of undefined constant nb_avis - assumed 'nb_avis' (this will throw an Error in a future version of PHP) in /home/clients/ef0eae7991bc1ccacffe2903a3bef705/web/jeux.php on line 221

Warning: Use of undefined constant test_auteur - assumed 'test_auteur' (this will throw an Error in a future version of PHP) in /home/clients/ef0eae7991bc1ccacffe2903a3bef705/web/jeux.php on line 750
Test de Road to India - Planète Aventure
Plan�te Aventure
Planete Aventure sur Facebook Planete Aventure sur Twitter Planete Aventure sur Steam
Road to India Entre mystère, rêve et réalité
Développeur Microids
Éditeur Microids
Distributeur Mindscape
Date 23 mai 2001
Genre Mystère
Vue 1ère personne 3D
Série
Compatibilité Windows XP / Vista / Windows 7
Plateforme(s) iPad | Mac | PC
Gameplay Point & Click
Test par Guidoflap
Finalement, que sait-on de l’Inde ? Certains auront en mémoire Rudyard Kipling et son Livre de la Jungle (publié en 1894) et surtout l’adaptation réalisée par les studios Disney. Ajoutons-y quelques informations glanées ça et là… Bref, pour beaucoup, les connaissances sur ce pays se limitent bien souvent à une juxtaposition de clichés plus ou moins exacts et parfois même plus ou moins fantasmatiques. Il faut avouer que l’étendue géographique de l’Inde et son extrême complexité sociologique, religieuse, etc. en font un pays-continent bien difficile à appréhender. Cela explique peut-être le fait que, malgré la fascination qu’exerce ce pays, bien peu de jeux d’aventure aient exploité le filon. Avec Road to India, Microïds a pourtant décidé de relever le défi. Reste à voir si c’est de manière convaincante.

Fred, un jeune Américain, est fiancé à la belle Anusha. Celle-ci s’envole pour New Delhi afin de rendre visite à sa famille. Hélas, ce qui ne devait être qu’un court séjour tourne au drame : Fred ne tarde pas à recevoir une lettre de sa bien-aimée lui annonçant qu’elle ne reviendra pas et lui enjoignant de ne plus chercher à la revoir. Effondré mais pas résigné, Fred embarque à son tour pour la capitale indienne, bien décidé à trouver ce qui a motivé un tel revirement. Or, lorsqu’il arrive à destination, il ne peut qu’assister, impuissant, à l’enlèvement d’Anusha.

Rapidement, l’enquête pointe vers un riche et inquiétant personnage (qui semble tout droit sorti des productions de Bollywood) ainsi que vers les dangereux thugs. Cette secte d’assassins adorateurs de la déesse Kali, pourtant éliminée par les Britanniques durant la première moitié du XIXe siècle semble avoir refait surface ! S’ils ont bien existé, les thugs ont constitué un phénomène bien moins important que ce qu’une certaine littérature romantique laisse à penser. Ceci étant, une once de mythologie ne risque pas de nuire à un jeu d’aventure ! L’intrigue s’annonce donc a priori fort intéressante mais… Eh oui ! il y a malheureusement un "mais". Car force est de constater que le scénario se contente la plupart du temps d’effleurer les thèmes annoncés et, au final, il est difficile de ne pas se sentir frustré. Ainsi, le thème des thugs est davantage plaqué sur le scénario que réellement exploité par ce dernier et on n’apprend pratiquement rien sur eux. À la limite, Anusha aurait été enlevée par une secte d’adorateurs de cacahuètes grillées que cela n’aurait pas changé grand-chose.

Le jeu se déroule en six phases : trois phases durant lesquelles Fred rêve, alternant avec trois phases se déroulant dans la "réalité". Précisons que les phases de rêve ne plongent pas pour autant le joueur dans un univers onirique surréaliste : simplement mettent-elles en avant l’aspect légendaire de l’Inde. Par exemple, on passe ainsi des ruelles misérables de Delhi au somptueux Taj Mahal… D’ailleurs, qu’en est-il des lieux visités ? Peu nombreux, il faut l’avouer : une avenue de New Delhi et quelques ruelles, le Taj Mahal, une propriété cossue des environs de la capitale et un temple consacré à Kali. Franchement, pour un jeu se déroulant entièrement en Inde, on aurait aimé en voir davantage. D’autant que le temps passé sur chacun de ces décors est en général assez court, faute d’énigmes consistantes et, parfois même, faute d’énigmes tout court !

Justement, parlons-en, des énigmes… car on ne peut pas dire qu’elles viennent rendre le jeu plus passionnant. D’une grande simplicité (hormis pour l’une ou l’autre), on ne se creuse en effet pas la tête bien longtemps. Ce qui peut éventuellement ralentir le joueur dans sa progression est le fait qu’il soit passé à côté d’un objet un peu mieux dissimulé que les autres. Mais, une fois les items découverts, on n’hésite pas bien longtemps avant de savoir celui qu’il va falloir utiliser, ou encore lesquels il va falloir combiner – surtout que, dans l’inventaire, ce n’est pas la foule ! Bref, la résolution des énigmes se fait presque mécaniquement et l’on finit par jouer à Road to India à la manière d’un joggeur qui, une fois chaud, enchaîne ses foulées sans ne plus y penser.

Compte tenu du fait que le scénario manque de consistance, que les lieux visités ne sont guère nombreux et que les énigmes ne présentent pas de difficulté majeure, est-il encore besoin de préciser que la durée de vie de Road to India est très courte ? Il est certes très difficile d’estimer la durée de vie d’un jeu vidéo, tant celle-ci est liée au type de joueur (âge, habitudes vidéoludiques)… Disons qu’un habitué du jeu d’aventure a toutes les chances d’en venir à bout en quatre ou cinq heures, ce qui est très peu.

Tout n’est pourtant pas négatif dans Road to India. Ainsi, le gameplay est plutôt bien conçu et ne pose aucun problème. On a affaire à un "point & click" en vue subjective (à la 1ère personne). Par un simple déplacement de la souris, le joueur peut observer tout ce qui l’entoure grâce à un système panoramique à 360°. Sans être d’une ergonomie parfaite, la gestion de l’inventaire, quant à elle, reste très simple même s’il faut acquérir le réflexe "clic-droit" !

Pour ce qui est des graphismes, je dois dire qu’ils contribuent un tantinet à sortir Road to India de l’ornière. On pourra regretter des textures manquant quelque peu de finesse mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un jeu sorti en 2001 et que, même à cette date, il se satisfaisait d’une configuration matérielle nettement en deçà des PC les plus performants de l’époque. Toutefois, et indépendamment de ces aspects techniques, il faut signaler que les graphistes ont accompli un joli travail, tant en termes de recherche que de réalisation. La visite au Taj Mahal est ainsi plutôt réussie. Et, pour tout dire, même les passages moins pittoresques (la villa, par exemple), ont bénéficié d’un soin certain.

Pour terminer, je signale que Road to India est encore disponible à la vente pour un prix très modique (5 € environ dans la série économique "Hits Collection" chez Mindscape) qui pourra peut-être tenter quelques joueurs en mal de jeux d’aventure. Le jeu semble fonctionner à peu près correctement sur des configurations récentes bien que des plantages peuvent survenir (mieux vaut donc sauvegarder très régulièrement).

Pour conclure, Road to India est un jeu d’aventure décevant. Reposant sur une ébauche de scénario, accumulant des énigmes trop faciles et offrant, du coup, une durée de vie proprement indigente, il aura le plus grand mal à susciter l’enthousiasme. C’est d’autant plus regrettable qu’on y décèle de bonnes idées ainsi qu’une recherche graphique qui auraient mérité un meilleur sort. On pourra éventuellement conseiller Road to India à celles et ceux qui voudraient s’initier à quelques mécanismes du jeu d’aventure à condition de préciser que ce jeu est bien loin de constituer un modèle du genre.

Ce test de Guidoflap provient du Sanctuaire de l'Aventure, qui a fermé ses portes en septembre 2009