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Lighthouse The Dark Being
Développeur Sierra
Éditeur Sierra
Distributeur Sierra
Date 30 sep 1996
Genre SCI-FI / Puzzle
Vue 1ère personne 3D iso
Série
Compatibilité DOS / ScummVM / Windows XP / Vista / Windows 7 / Windows 8 / Windows 10
Plateforme(s) Mac | PC
Gameplay Point & Click
Test par Nicouze

Une lueur dans la nuit


Lorsque Lighthouse : The Dark Being apparaît sur les rayonnages en mai 1997, il n'y a guère que Shivers, du même éditeur Sierra Entertainment, qui se soit aventuré sur la piste ludique tracée par l'immense succès de Cyan que fut Myst. En effet, le concept « mystien » est repris point par point dans ce titre, parfois en mieux, le plus souvent en moins bien. Attention, même si Lighthouse n'égale pas son ancêtre en aura, et en tout point, il n'en reste pas moins une des pierres angulaires de ce style de jeu qu'est le Myst-like. En effet, Sierra a mis les moyens à l'époque pour imposer son poulain aux yeux du public exigeant des amateurs d'aventure. Le million d'exemplaires de Myst vendu fait miroiter les plus belles richesses à qui copie ce style si particulier.

De la statique des images


On le sait, l'un des éléments caractéristiques d'un Myst-like est la succession de plans fixes quand on progresse dans l'environnement du jeu. C'est donc également le cas de Lighthouse qui, sans emprunter la technologie de Myst, en reprend le principe. Vous parcourrez donc les différents lieux en cliquant dans telle ou telle direction, ce qui aura pour effet de vous montrer le lieu suivant sous un angle fixe non modifiable. On peut d'ores et déjà « rassurer » ceux qui n'aimaient pas Myst pour son relatif immobilisme et son manque de « vie » : ils ne seront pas plus emballés par Lighthouse. On peut adresser le même genre de reproches que ceux formulés pour le titre de Cyan. Cela dit, il faut croire que ce genre de jeux attire tout de même une certaine population de joueurs vu le succès rencontré. Alors qu'est-ce qui fait que, malgré ce statisme dans le rythme du jeu, les joueurs sont hypnotisés par les Myst-like (les bons entendons-nous) ?

Eh bien, tout comme la série des Myst, les concepteurs de Lighthouse ont appuyé leur bébé sur trois axes communs au genre. Le premier d'entre eux concerne la qualité visuelle et sonore du monde représenté. Les designers de Sierra se sont donc attachés avec un soin tout particulier à soigner cet angle du jeu. En parallèle au scénario onirico-technologique sur lequel nous reviendrons, les lieux visités sont donc empreints d'une logique architecturale atypique, intrinsèque au monde de Lighthouse. Exceptés les premiers temps du jeu où l'action se déroule dans le phare (d'où le titre), les autres endroits sont de pures inventions. On découvre ainsi un monde oublié à l'essor technologique évident jadis et aux constructions surannées. Tout à fait comme dans la saga des frères Miller : le monde de Lighthouse est un monde en danger, en décrépitude. La modélisation effectuée sur station graphique est de bonne facture et d'excellente qualité pour l'époque. Bien que la règle soit le statisme des images, il arrive à plusieurs reprises qu'une animation s'incruste à tel ou tel endroit du décor. Concernant ce point précis, les animations sont malheureusement de qualité inégale, oscillant entre le médiocre et le bon. Pas d'étincelles de ce côté-là. On regrettera surtout que le jeu soit fenêtré, ce qui était assez fréquent à l'époque. Du coup, impossible de mettre le jeu en plein écran réel et c'est fort dommage. Du côté sonore, le joueur n'est pas en reste. Les effets sonnent tout le temps justes tandis que la musique sait se faire tour à tour discrète ou envoûtante. Elle reste quoiqu'il en soit toujours agréable à écouter et participe grandement à l'immersion du joueur. L'ambiance mystérieuse et prenante qui se dégage de l'univers de Lighthouse ne s'en retrouve que plus renforcée. Comme d'habitude pour ce style de jeu, je vous conseille de jouer dans une pièce parfaitement silencieuse et isolée des bruits extérieurs afin de monter le volume de vos enceintes à un niveau correct, soit parcourir le jeu avec un bon gros casque hi-fi sur les esgourdes. Rien de tel pour se plonger autant que possible dans l'aventure.

De la qualité des puzzles


Eh bien, parlons-en de l'aventure ! Le soin apporté au scénario constitue le second axe de ce genre de jeu. En effet, afin de rendre crédible les énigmes et les lieux décrits, il paraît logique de fondre tous ces éléments dans une histoire qui tienne la route. Un jeu raté n'y parviendra pas : la plupart du temps, le problème vennant des énigmes qui ne collent pas au reste. Un bon jeu saura les intégrer correctement. On peut affirmer sans crainte que Lighthouse y parvient. L'histoire nous met donc dans la peau d'un écrivain, voisin d'un certain Docteur Krick (comme la bière), qui part à la recherche dudit docteur récemment disparu. En effet, alerté par un message de détresse sur votre répondeur, ni une, ni deux, vous vous précipitez dans l'antre du toubib : antre qui n'est autre que le fameux phare dont on nous rebat les oreilles dans le titre. Dans le prologue, vous débarquez chez lui et n'y trouvez qu'un bébé, une petite fille dénommée Amanda, celle du Dr Krick. Le reste du phare étant vide, vous n'hésitez pas à fouiller succinctement les premières pièces quand l'horrible survient : Amanda est capturée par un humanoïde à la peau grise qui s'évade par une sorte de vortex dimensionnel. Celui-ci reste ouvert suffisamment longtemps pour que vous vous lanciez à sa recherche. Vous voilà dans un monde parallèle, aux paysages inconnus, où il vous faudra vous frayer un chemin semé d'embûches et d'énigmes. C'est donc dans ce contexte que se déroulera votre aventure et que de nombreux problèmes se poseront à vous. En règle générale, les énigmes restent accessibles : il s'agit presque systématiquement de faire fonctionner, ou remettre en état plutôt, différentes machineries particulières au monde de Lighthouse. Malheureusement certaines d'entre elles sont vraiment tordues voire insolubles sans un patch salvateur. En effet, le patch 2.0a apporte un système d'aide et corrige également quelques bugs qui rendaient le jeu difficile à finir. On pense notamment au passage du sous-marin où le système de coordonnées ne fonctionne pas très bien. La résolution des casse-têtes fera autant appel à votre jugeote qu'à la compréhension de l'univers au travers des dialogues et des nombreuses notes écrites disséminées dans le jeu. Puisqu'on parle des dialogues, on regrette que le doublage français soit aussi douteux. Les acteurs qui incarnent Krick ou Lyris ne sont pas très convaincants. Quoiqu'il en soit globalement le jeu se tient tout à fait pour peu qu'on songe à installer le fameux patch.

La voie de son maître


Après y avoir joué de nombreuses heures, on peut affirmer sans conteste que Lighthouse se pose en digne successeur de son modèle mystien. Il en reprend les principaux intérêts tout en explorant d'autres voies. Bien sûr, en fan de la première heure du chef-d'oeuvre de Cyan, je considère toujours Myst comme un cran au-dessus du bébé de Sierra. Mais inutile de bouder son plaisir : Lighthouse reste un très bon divertissement qui occupera sainement l'amateur du genre et qui lui rafraîchira à la fois les neurones et l'imaginaire par ses énigmes corsées et ses lieux enchanteurs. On regrettera juste qu'il faille impérativement un patch pour en venir à bout et que parfois la réalisation soit de qualité inégale (doublages, certaines incrustations dans le décor). Cependant, Lighthouse constitue un Myst-like tout à fait à la hauteur.


En détail
+ - L'histoire onirico-technologique
- L'interface simple à appréhender
- Des décors superbes à la Myst
- L'ambiance sonore agréable
- - Certaines énigmes insolubles sans aide
- Nécessaire de patcher le jeu pour le finir
- Les voix mal doublées
- Jeu fenêtré
Graphisme
0 /20
Jouabilité
0 /20
Scénario
0 /20
Son
0 /20
Intérêt général
14 /20