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Dracula 5 L'Héritage du sang
Développeur koalabs
Éditeur Microids
Distributeur Anuman Interactive
Date 29 nov 2013
Genre Horreur / Vampires
Vue 1ère personne 3D
Série Dracula
Compatibilité Windows XP / Vista / Windows 7 / Windows 8
Plateforme(s) Android | iPad | iPhone | Mac | PC
Gameplay Point & Click
Test par Maitrelikao
Dracula 5 – L’héritage sur sang est la suite directe de Dracula 4 – L’ombre du Dragon, nous proposant enfin un épisode avec énigmes inspirées même si l’on suit l’histoire d’Ellen Cross avec moins d’intérêt et que l’aventure se conclue de façon un peu trop abrupte.

Dracula 5 a souffert du même syndrome que la deuxième partie des deux Broken (Age et Sword 5) à savoir n’être que la seconde phase d’un même volet mais vendu séparément à la suite d’un premier chapitre trop court et trop limité en challenge. Cependant le jeune studio Kaolabs (même s’il est composé de plusieurs vétérans de Khéops) ne possède pas encore le capital sympathie de Double Fine et la franchise Dracula n’a jamais fait autant d’émules que les Chevaliers de Baphomet. La notoriété du jeu en a donc souffert.

Et ce serait dommage de s’arrêter à ce seul problème, maintenant que l’éditeur Microïds a rectifié le tir en proposant les deux opus à prix raisonnable (ce qui n’était effectivement pas le cas à leur sortie) le tout en boîtes DVD et en français intégral, denrées extrêmement rares et prisées ces temps-ci.

Dracula 5 commence exactement au moment où on a quitté Ellen à Istanbul, au point de nous refaire de nouveau résoudre la dernière énigme de Dracula 4, histoire de ne pas nous perdre en chemin. Mieux encore, un résumé condensé sous forme de cinématique (une vraie, pas des artworks ou planches de BD plus ou moins bien animés) mettra dans le bain les joueurs qui auraient attendu longtemps pour reprendre l’aventure, ou ceux qui s’acharneraient à faire le 5 avant le 4. Après tout, pourquoi pas, l’histoire n’étant pas aussi aboutie que le scénario de Dracula 3, on peut prendre sans trop de peine le train en marche même si je le déconseille tout de même car vous perdriez les réelles motivations sous-jacentes et inavouées de l’héroïne dans sa quête du tableau du Comte des Carpates.

Non, la plus grande réussite du jeu n’est pas dans son histoire mais dans la qualité des énigmes.

Là où Dracula 4 ne proposait que des puzzles parfois trop simplifiés et à la progression de la difficulté mal dosée (l’énigme finale est un malheureux Pic-Cross), Dracula 5 nous offre cette fois et très rapidement d’excellents challenges, innovants, dynamiques, modernes, difficiles mais logiques et tout cela parfaitement intégrés dans la progression de l’histoire. C’est satisfaisant d’enfin se casser les dents pour résoudre tous ses obstacles et d’y arriver finalement car rien n’est laissé au hasard.
Pour ce qui est de l’interface, ceux qui ont déjà terminé L’ombre du Dragon ne seront pas perdus, c’est exactement la même, avec toujours ce souci de sauvegarde automatisée et de gestion des médicaments qui n’apporte toujours pas grand-chose à l’intérêt du jeu, même si dans cette partie il semblerait que des game-over soient possibles. Les trophées sont toujours là, sympathiques mais anecdotiques pour l’aventurier et les deux options « mode facile » et « mode difficile » toujours présentes, à vous de choisir, mais préférez la seconde si vous voulez savourer le jeu plus longtemps.

Dracula 5 est un peu plus long que son prédécesseur mais c’est certainement plus dû à la hausse du nombre et de la difficulté des énigmes qu’à celle de la durée de l’histoire ou du nombre de lieux visités. En effet et certainement pour pouvoir proposer intégralement le jeu sur tablettes, certains décors d’Istanbul ont été recyclés de l’opus 4 dans le 5. Cependant nous en découvrirons de nouveaux, peu animés certes mais toujours magnifiques. Les fans reconnaîtront la patte de Totem Studio (Au Cœur de Lascaux, Nostradamus, The Secrets of Da Vinci …) qui est intervenu dans leur conception et récidiveront bientôt pour ceux du futur ABC Contre Poirot.

Au niveau de l’intrigue, on reprend les mêmes personnages présents dans le quatre et quelques-uns sont rajoutés comme le mentor d’Ellen au Métropolitain Museum, ainsi que quelques invités surprise de l’épisode 3, de façon plus ou moins directe mais très judicieuse. Cependant les liens avec Dracula 3 s’arrêteront là et c’est dommage car il y avait moyen de reprendre l’intrigue sur la société de Thulé et de la finir tout en enchaînant sur l’histoire d’Ellen. De plus, cette dernière est décevante dans ce chapitre. De jeune femme sympathique, compétente et surtout combattive, elle se transforme en midinette naïve et manipulable. Cela peut s’expliquer par la progression de sa maladie allez-vous me dire, oui c’est une explication possible. Mais c’est surtout son hypocrisie (et celle du scénario) et ses non-dits qui minimisent l’intérêt de l’histoire. A aucun moment Ellen n’avoue suivre La Voie de la Désolation pour sauver sa vie alors que c’est clairement logique au fur à mesure qu’elle accumule des informations sur Dracula. Non au lieu de cela, son intérêt resterait purement intellectuel, on n’y croit pas une seconde et on se détache émotionnellement du personnage. Du coup les deux options finales arrivent un peu comme un cheveu sur la soupe et on les testera plus par nécessité que par réelle envie. Enfin la mythologie de Dracula est encore une fois balayée d’un revers de la main. Après l’intéressante vision « réaliste » et sombre de La Voie du Dragon, la version du Vampire est ici aseptisée et son origine reliée à nouveau à la version de Stoker, version qui avait pourtant été décrédibilisée dans Dracula 3. L’ajout de l’Ordre Secret antagoniste au comte et remontant aux origines de Val Tapes lui-même et de ses liens avec la famille Stoker et VanDerby / Vanderberg était intéressant mais aurait gagné en consistance si les enjeux de l’opus 3 y avaient été intégrés. Peut-être dans un éventuel épisode 6 qui sait…


En détail
+ Graphismes toujours aussi beaux
Musiques en adéquation avec l'ambiance sombre
Doublage intégral en français, de qualité irréprochable
Enigmes inspirées et offrant enfin un excellent challenge
Gestion de la santé présentant un peu plus d'intérêt, mais à peine
Episode plus long (grâce à des énigmes plus abouties)
- Scénario décevant, les liens avec Dracula 3 sont mal exploités
Héroïne moins attachante
Toujours pas de sauvegardes manuelles
Graphisme
15 /20
Magnifiques, la patte de Totem Studio est bien reconnaissable.
Jouabilité
17 /20
Gameplay inchangé, mais niveau et intégration des énigmes très satisfaisants.
Scénario
10 /20
Episode plus long mais scénario décevant au vu des possibilités offertes par l’épisode 3 et 4, mais à peine survolées ici.
Son
18 /20
Musiques de grande qualité et l’un des rares derniers jeux en français intégral.
Intérêt général
15 /20
Un excellent challenge magnifié par une solide réalisation et un audio de grande qualité, gâché malheureusement par un scénario en perte total de vitesse et de cohésion dans la seconde partie.