May 23, 2012, Wednesday, 143

Le Phoenix

Un article de Wiki des jeux d'aventure.

Jump to: navigation, search


In Memoriam - Le Dernier Rituel
In Memoriam - Le Dernier Rituel

Sommaire

[modifier] Portrait d'un tueur en série par David Marcus


« Le Phoenix est particulièrement redoutable du fait de son intelligence et il semble animé par des idées qui se nourrissent à une source intarissable de faits troublants. Il apparaît comme un individu déraciné, vagabond à l’échelle européenne, profondément solitaire. Sexuellement frustré. Insensibilité, immoralité, obstination et instabilité, je retrouve là le noyau classique d’une personnalité psychopathique. Un fait semble acquis : le Phoenix chasse ses futures victimes sur Internet. Nombreuses parmi elles possédaient un site. Comme on l’observe chez d’autres criminels, l’efficacité de la dissimulation renforce l’ivresse de l’impunité : le défi à la police et des idées de grandeur produisent des déclarations emphatiques et provocantes.

Quelquefois, il s’agit d’une conduite tellement imprudente qu’elle traduit une envie inconsciente de se faire arrêter. L’accumulation d’indices piochés dans l’histoire, la religion, les représentations ésotériques, alimente le processus psychique dominant dans son fonctionnement mental : l’intellectualisation. Ce mécanisme lui permet de refouler la pensée des pulsions inavouables qui sont à l’oeuvre lorsqu’il passe à l’acte. L’existence sensible est niée. Les émotions et les sentiments sont complètement évacués au profit d’une élaboration cérébrale fortement structurée. Tout ce qui devrait faire trembler la main, battre le coeur, en un mot douter, a disparu du champ de la conscience du Phoenix , aveuglé par des idéaux et des chimères.

In Memoriam - Le Dernier Rituel
In Memoriam - Le Dernier Rituel

[modifier] Ses victimes

Quel lien existe-t-il entre les différentes victimes ? Les cibles changent et celles-ci semblent bien innocentes, mais dans les perceptions qui découlent des rationalisations morbides du Phoenix, être à la fois logique et irrationnel, l'aspect humain des « figures du Mal » ne compte pas. Là où nous sommes sensibles à la diversité des personnes, il suit une démarche abstraite. Même les corps sont dé-réalisés et manipulés comme des objets partiels. Un clivage dissocie la vie de son apparence. Chacun sait que la frontière du normal et du pathologique, dans le domaine mental, est ténue : le corps morcelé, le corps qui part en morceaux, la désintégration des organes, ce fantasme reste en temps « normal » une représentation cauchemardesque, voire totalement maintenue inconsciente. Il est rare que cela devienne l'objet d'une angoisse chronique.


Dans les passages à l'acte criminels du Phoenix, le fantasme devenu délirant, après avoir envahi le champ de sa conscience, a débordé les mécanismes d'endiguement et déclenché un raptus : brutalement pris au pied de la lettre, il a été projeté, réalisé dans l'action. Comme pour s'en débarrasser, mais sans ce résultat. La bouche de chaque cadavre a été agrandie: cet élément du rituel contient une charge symbolique archaïque. L'oralité est le premier mode de sensation du nouveau-né, c'est par la bouche que tout passe d'abord : nourriture et plaisir. Les morts victimes du Phoenix sont sans doute renvoyés à un archétype du même genre. On peut penser aussi, face à leur rictus figé aux commissures fendues ou à ce jeu de mots, sur les plaisirs des fendus. Le mécanisme principal de la double opération, l'une, inconsciente, de négation de l'angoisse, et l'autre, chirurgicale, de dépeçage, est véritablement un clivage : le corps de la victime est perçu de deux points de vue opposés, dont l'un vise à nier l'autre. »

[modifier] Lien externe et source


[modifier] Jeux concernés